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The risks of non-Doha (French version)

Les risques d’un échec de Doha

ICC ne peut que noter que les déclarations répétées des chefs d’État et de gouvernement en faveur de la conclusion du cycle de Doha, au sein des instances internationales et notamment du G8 et du G20, ne semblent pas avoir réussi à insuffler dans les négociations la volonté politique qui leur fait tant défaut. Il est particulièrement préoccupant de voir à quel point ces déclarations semblent déconnectées de ce qui se passe à la table de négociation à Genève. À cet égard, ICC regrette beaucoup que la déclaration de Toronto du G20, en juin, n’ait mentionné aucun délai précis pour la conclusion du cycle de Doha.

Un échec de Doha serait lourd de risques

ICC considère que les négociations du cycle de Doha ont atteint un point où les multiples offres emportées de haute lutte et créatrices d’échanges commerciaux et de richesses qui sont aujourd’hui sur le tapis risquent d’être perdues si les membres de l’OMC ne redoublent pas d’efforts afin de conclure le cycle aussi rapidement que possible en parvenant à un résultat ambitieux et équilibré. Les bénéfices potentiels d’un succès du cycle de Doha sont bien connus et ont été exposés dans de précédentes déclarations d’ICC. L’absence d’accord peut en revanche comporter des risques pour l’économie mondiale. On relèvera parmi eux :

  1. L’affaiblissement du système commercial multilatéral
  2. La perte d’une occasion d’améliorer les règles de l’OMC et de libéraliser le commerce mondial
  3. L’accroissement possible du protectionnisme et du nationalisme économique

Recommandations

Compte tenu de ces risques, ICC recommande aux gouvernements membres de l’OMC et en particulier aux pays du G20 :

  • d’apporter, tant en actes qu’en paroles, un ferme soutien politique au système commercial multilatéral fondé sur des règles qui apparaît comme un élément central de la coopération économique internationale et a prouvé sa valeur en matière de stimulation de la croissance mondiale et de l’emploi. Encourager des flux accrus d’échanges commerciaux internationaux en concluant le cycle de Doha peut améliorer les perspectives de reprise économique partout dans le monde et constitue probablement la mesure d’encouragement la plus fiscalement responsable dont disposent les gouvernements ;
  • de traduire les déclarations de haut niveau des chefs d’État et de gouvernement en progrès concrets à la table de négociation. Cela dépendra dans une large mesure de la volonté des membres de l’OMC de faire du commerce une priorité politique et de s’investir politiquement dans des efforts visant à assurer de toute urgence l’aboutissement à un résultat ambitieux et équilibré des négociations du cycle de Doha. Cela exige une vision plus réaliste des offres qui sont actuellement sur le tapis ainsi que de ce qui peut raisonnablement leur être ajouté ;
  • de consentir un effort concerté afin de réduire autant que possible les divergences restantes, par une combinaison de volonté politique et de solutions techniques, afin de mettre le plus rapidement possible entre les mains des ministres du commerce tous les éléments d’un accord complet pour Doha ;
  • de renforcer la capacité du système commercial multilatéral d’être un pilier de la reprise économique et un rempart solide contre le protectionnisme. Cela ne peut être fait efficacement qu’en s’appuyant sur un succès du cycle de Doha et sur un engagement actif des gouvernements en faveur d’une plus libéralisation multilatérale accrue du commerce, ainsi que d’une libéralisation autonome