Stratégies en matière de carbone

Pour réduire les émissions de carbone à grande échelle, il faut des cadres politiques efficaces, étayés par des signaux économiques forts. L'ICC met à profit son expérience du monde des affaires pour formuler des recommandations politiques visant à renforcer l'intégrité du marché, à réduire la fragmentation et les risques de fuite de carbone, et à soutenir la coopération internationale.

La tarification du carbone et les marchés volontaires du carbone comptent parmi les outils les plus efficaces pour réduire les émissions à grande échelle.

La tarification du carbone crée des incitations claires à réduire les émissions et à réorienter les investissements vers des solutions à faible intensité carbone.

À l'heure actuelle, plus de 80 taxes carbone et systèmes d'échange de quotas d'émission sont en vigueur à travers le monde, couvrant environ un quart des émissions mondiales.

Mais cette expansion rapide a entraîné une fragmentation. La multiplicité des règles et des exigences nationales et régionales accroît les coûts et l'incertitude pour les entreprises qui exercent leurs activités au-delà des frontières.

La coopération internationale est essentielle. L'article 6 de l'Accord de Paris offre un cadre permettant de relier les marchés du carbone, de réduire la fragmentation et de mobiliser les investissements tout en préservant l'intégrité environnementale.

Parallèlement aux systèmes de conformité, les marchés volontaires du carbone jouent un rôle complémentaire.

Ils permettent aux entreprises d'aller au-delà des exigences réglementaires et de canaliser des fonds privés vers des projets de réduction et d'élimination des émissions, en particulier dans les économies émergentes et en développement.

L'ICC collabore avec les gouvernements et les institutions internationales afin de définir des cadres de tarification du carbone et de marchés du carbone qui soient cohérents, prévisibles et ancrés dans la réalité des entreprises. Cela inclut notamment un partenariat avec la Coalition to Grow Carbon Markets, une initiative menée par les gouvernements visant à renforcer la demande des entreprises en crédits carbone, dans le respect des normes d'intégrité les plus strictes. Grâce à cette coalition et à notre engagement plus large, nous apportons une expertise pratique du monde des affaires à l'élaboration des politiques afin de réduire la fragmentation, de lutter contre la fuite de carbone et de garantir que les stratégies carbone offrent de réelles opportunités et aient un impact concret sur le climat.

Ce projet est dirigé par :

Commission de l'environnement et de l'énergie de l'ICC

Raelene Martin, responsable des politiques mondiales – Développement durable

Sandra Hani, responsable des politiques mondiales – Politique climatique

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Nos valeurs

La tarification du carbone est un instrument clé d'une politique climatique globale ; elle aide les gouvernements à réduire les émissions de gaz à effet de serre au moindre coût et à respecter leurs contributions déterminées au niveau national (CDN). En augmentant le coût des émissions, les gouvernements peuvent favoriser l'orientation des investissements vers des activités à faibles émissions et résilientes au changement climatique, et contribuer à mobiliser des financements pour l'atténuation et l'adaptation.

Pour être efficace, la tarification du carbone doit avoir pour objectif premier la réduction des émissions, soutenue par le développement de marchés du carbone durables et solides qui renforcent les signaux de prix et élargissent les possibilités de réduction. Lors de la conception et de la mise en œuvre d'approches nationales, les gouvernements peuvent améliorer l'efficacité et minimiser les risques liés à la fuite de carbone en s'appuyant sur des lignes directrices établies – telles que les Principes de tarification du carbone de l'ICC – et en favorisant la coopération et la coordination internationales.

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Atteindre la neutralité carbone nécessite une action internationale coordonnée. En l'absence de coordination, des politiques divergentes en matière de tarification du carbone risquent de fragmenter les marchés et d'augmenter les coûts de mise en conformité. Ces instruments politiques devraient être conçus dans une optique de coordination et d'interopérabilité au niveau international, en tenant compte de leurs répercussions sur l'ensemble des juridictions et des chaînes de valeur. 

  

L'interconnexion des systèmes de conformité carbone peut réduire les fuites de carbone, c'est-à-dire les cas où la production et les émissions se déplacent vers des juridictions où les politiques climatiques sont moins strictes. Pour être efficaces et durables, les mesures mises en place pour lutter contre les fuites de carbone doivent toutefois être soigneusement conçues, proportionnées et conformes aux règles du commerce international, afin de ne pas créer de distorsions inutiles ni provoquer de litiges. Des systèmes bien harmonisés rendent également l'environnement commercial plus prévisible, car les entreprises sont soumises à des règles similaires sur différents marchés. Une coopération et une cohérence accrues entre ces systèmes de conformité, les mécanismes prévus à l'article 6 de l'Accord de Paris et les marchés volontaires du carbone à haute intégrité peuvent renforcer la transparence et la comparabilité. Une coopération internationale solide dans ce domaine contribue donc à éviter des résultats politiques inégaux susceptibles de nuire à la compétitivité des entreprises, d'alourdir les charges administratives ou d'entraîner des différends commerciaux. 

Les marchés volontaires du carbone (VCM) ne peuvent se développer que si les acheteurs et les investisseurs ont l'assurance que les crédits carbone correspondent à des réductions d'émissions réelles, supplémentaires et vérifiables. Concrètement, cela implique de s'assurer que les projets apportent véritablement des avantages pour le climat, que les informations relatives aux crédits sont transparentes et que les règles régissant leur utilisation sont claires et prévisibles. Il est essentiel de renforcer l'intégrité, la transparence et la sécurité juridique de l'offre de crédits pour instaurer cette confiance. 

Les gouvernements ont un rôle important à jouer dans la mise en place de ces conditions. En établissant des cadres nationaux clairs et en les alignant sur les Principes fondamentaux du carbone (CCP) du Conseil pour l'intégrité du marché volontaire du carbone (ICVCM), ils peuvent contribuer à améliorer la qualité tant des projets que des crédits. Des mesures telles que l'adoption de normes rigoureuses, la tenue de registres transparents, la mise en place d'une surveillance efficace et la mise à disposition de mécanismes crédibles de résolution des litiges contribuent à réduire le risque de « greenwashing » et à clarifier la répartition des risques. Ensemble, ces mesures rendent les marchés du carbone plus prévisibles et crédibles, ce qui contribue à attirer les investissements privés à long terme nécessaires pour développer des projets climatiques de haute qualité.

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S'il est essentiel d'accroître l'offre de crédits de haute qualité, l'efficacité des marchés volontaires du carbone dépend également d'une demande forte et crédible. Les gouvernements peuvent jouer un rôle important en émettant des signaux politiques clairs sur la manière dont les crédits volontaires peuvent être utilisés et revendiqués par les entreprises dans le cadre de leurs stratégies de neutralité carbone, et en veillant à ce que ces approches soient cohérentes avec les stratégies climatiques nationales et conformes aux meilleures pratiques internationales.

Les gouvernements devraient s'appuyer sur les travaux menés dans le cadre d'initiatives internationales existantes, telles que le Code de bonnes pratiques en matière de déclarations de l'Initiative pour l'intégrité du marché volontaire du carbone (VCMI), qui fournit des orientations sur la crédibilité des déclarations des entreprises. L'alignement des approches nationales sur ces cadres peut encourager une participation plus importante et plus crédible du secteur privé aux marchés volontaires du carbone, tout en garantissant que les déclarations reflètent de réelles réductions d'émissions. Une plus grande clarté et cohérence contribue à réduire l'incertitude, limite le greenwashing et donne aux entreprises la confiance nécessaire pour investir à long terme dans des projets climatiques de haute qualité.

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