Environnement et développement durable
Le monde des affaires se mobilise pour saisir cette occasion historique de mettre fin à la pollution plastique
Au nom du monde des affaires, la Chambre de commerce internationale (CCI) a souligné, lors de la séance plénière d'ouverture de la deuxième partie de la cinquième réunion du Comité de négociation intergouvernemental (INC-5.2), la nécessité urgente de conclure un accord efficace et applicable sur la pollution plastique. Les négociations ont repris à Genève, en Suisse, après que les parties ne sont pas parvenues à s'entendre sur un traité mondial juridiquement contraignant sur les plastiques en décembre 2024.
La déclaration complète a été prononcée par Raelene Martin, responsable du développement durable à l'ICC, le 5 août 2025.
C'est pour moi un honneur de m'exprimer au nom de la Chambre de commerce internationale, l'organisation patronale la plus importante et la plus représentative au monde.
Nous tenons à remercier sincèrement le Secrétariat de la CNI pour le travail inlassable qu’il a accompli afin de préparer cette session cruciale, ainsi que le gouvernement suisse de nous accueillir à Genève — un lieu tout à fait approprié pour la coopération internationale et le progrès multilatéral.
Le monde des affaires international insiste sur la nécessité urgente de conclure ici, à Genève, un accord efficace et applicable qui réponde au mandat de l'UNEA 5/14, avec toute l'urgence qu'exige la crise de la pollution plastique.
Nous sommes à un tournant décisif. L'INC-5.2 doit aboutir à un accord qui définisse une orientation claire et établisse un cadre permettant d'accélérer l'action des entreprises — et de tous les acteurs — en vue d'un avenir sans pollution plastique.
Le monde entier a les yeux rivés sur nous. La crédibilité du multilatéralisme et l'espoir d'un changement profond dépendent de ce que nous accomplirons ici.
Il est impératif de s'entendre dès maintenant sur les grandes lignes de l'accord, en y intégrant un ensemble judicieux de mesures complémentaires assorties des mécanismes nécessaires pour faire évoluer et renforcer cet accord au fil du temps.
Dans cet esprit, nous mettons l'accent sur les domaines prioritaires suivants :
Tout d'abord, une approche pleinement circulaire doit être au cœur du traité.
Une économie circulaire efficace pour les plastiques est essentielle pour réduire les déchets et la pollution. L'instrument devrait fournir des orientations pratiques afin de garantir que les produits soient conçus dans une optique de circularité, en favorisant la réutilisation, le recyclage et une gestion écologiquement rationnelle tout au long de leur cycle de vie.
La gestion des déchets doit constituer une obligation fondamentale, les Parties étant tenues de prendre des mesures pour assurer une gestion écologiquement rationnelle des déchets plastiques, tout en laissant une marge de manœuvre permettant de tenir compte des spécificités et des capacités nationales.
Deuxièmement, l'attention portée aux produits en plastique devrait se concentrer en priorité sur les produits et les applications présentant un risque avéré élevé de rejet dans l'environnement. Cette approche doit s'appuyer sur un cadre commun, fondé sur des données factuelles et adapté à chaque application, qui tienne compte des spécificités nationales, des capacités techniques et des réalités socio-économiques, afin de garantir que les mesures adoptées soient équitables, efficaces et applicables.
Troisièmement, l'innovation est essentielle.
L'accord doit mettre en avant le rôle de l'innovation en tant que catalyseur essentiel, en prévoyant des dispositions solides pour soutenir les nouvelles technologies innovantes afin de stimuler l'action tout au long de la chaîne de valeur du plastique. Cela permettra une transformation rapide du système et aidera les entreprises de toutes tailles à apporter des solutions.
Enfin, le succès de cet instrument repose sur des moyens de mise en œuvre efficaces pour l'économie réelle, capables de stimuler l'action des entreprises et l'innovation, tout en tenant compte des besoins des micro, petites et moyennes entreprises (MPME), qui constituent l'épine dorsale de l'économie mondiale.
Il est nécessaire de mettre en place un environnement favorable et propice, comprenant notamment le renforcement des capacités et un mécanisme financier solide, afin de traduire les dispositions des traités en actions concrètes.
Pour obtenir des résultats concrets, les Parties devraient mettre en place un cadre commun pour les plans d'action nationaux afin de traduire les dispositions du traité en objectifs et stratégies clairs.
Partout dans le monde, des entreprises – grandes et petites – prennent déjà des mesures audacieuses. Nous sommes conscients de l'urgence de la crise. Mais nous avons besoin d'un cadre international adapté pour accélérer et intensifier nos efforts.
Cet accord doit apporter au secteur la clarté et la confiance nécessaires pour investir dans un changement durable.
Excellences,
La tâche qui vous attend n'est pas facile, mais elle est réalisable.
Nous exhortons toutes les parties à faire preuve de la détermination, de la souplesse et du leadership nécessaires pour mener ces négociations à bonne fin, ici et maintenant, à Genève.
Le monde attend. Les entreprises sont prêtes. C'est à vous de jouer. Ne laissons pas passer cette occasion.
Saisissons cette occasion historique pour laisser un héritage : un accord qui engage résolument le monde sur la voie de l'éradication de la pollution plastique, favorise l'économie circulaire et apporte des résultats concrets pour les populations et la planète.
Merci.
2025 sera une année décisive pour l'Accord de Paris. Dix ans après sa signature, nous devons repenser la manière dont nous abordons ce défi. Et c'est justement cette capacité à envisager les défis sous un angle différent qui fait la force des entreprises et de chacun d'entre nous.
L'ICC s'engage à faire valoir les besoins des entreprises lors des prochaines négociations sur le climat, la COP30, qui se tiendront à Belém, au Brésil. Découvrez notre campagne « L'opportunité d'une vie » et comment y participer.
