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Déclaration de politique générale
Avantages de la libéralisation
du commerce de services
Commission
des politiques du commerce et de l'investissement internationaux, 7 septembre
1999
Version
anglaise
La Chambre de commerce
internationale (ICC) défend avec constance, et depuis longtemps, une
libéralisation du commerce de services par le biais de négociations
multilatérales. Elle a appelé, il y a plus de dix ans, à
l'élaboration d'un cadre de règles destiné à orienter
le commerce et l'investissement des sociétés de services et à
la mise en place de disciplines multilatérales visant la réglementation
et l'intervention des pouvoirs publics sur
le marché des services. ICC
a aussi invité tous les gouvernements participant au processus multilatéral
de négociation à prendre des engagements précis en matière
d'accès au marché et de traitement national, dans un large éventail
de secteurs de services. Cet appel a contribué, lors du cycle d'Uruguay,
à l'adoption du nouvel Accord général sur le commerce des
services (GATS) et à la création de l'Organisation mondiale du
commerce (OMC), chargée de superviser son application (ainsi que celle
des autres grands accords commerciaux).
Après la conclusion
du cycle d'Uruguay, ICC a continué de jouer un rôle actif en exprimant
le point de vue de la communauté économique lors des négociations
ultérieures sur les télécommunications de base, les services
financiers et les services professionnels, qui ont toutes fait avancer la cause
de la libéralisation du commerce. Dans le prolongement de cette action,
il est naturel qu'ICC s'apprête à jouer un rôle actif et
constructif de porte-parole de la communauté économique internationale
au cours des prochaines négociations "Services 2000" qui devraient
être lancées cette année à la troisième conférence
ministérielle de l'OMC.
L'importance
croissante des services dans l'économie mondiale
L'implication d'ICC dans la question des services reflète les intérêts
économiques de ses membres, dans plus de 130 pays en voie de développement
ou industrialisés, et l'importance qu'ils attachent à un accès
plus libre aux marchés, dans toutes les régions du monde. Les
services sont en passe de dominer les activités économiques de
la quasi-totalité des nations, quel que soit leur niveau de développement,
et la libéralisation des services est donc une nécessité
pour l'intégration de l'économie mondiale.
Dans les économies
industrialisées à revenus élevés, la valeur ajoutée
des services est en général supérieure à 60 % de
la production finale totale, soit par exemple 70 % en Australie, 71 % en France,
60 % au Japon et 72 % aux États-Unis. Dans les marchés émergents,
les services représentent plus de la moitié de la production économique,
avec 55 % dans la République tchèque, 59 % en Hongrie, 54 % en
Pologne. Il en va de même dans les économies avancées en
voie de développement ou nouvellement industrialisées telles que
l'Argentine, le Brésil, la Corée, la Malaisie, le Mexique et la
Thaïlande.
Le secteur des services
est aussi le segment le plus large de la production économique de nombreux
pays en développement, devant l'agriculture et l'industrie. Même
compte tenu du fait que les pouvoirs publics sont d'importants prestataires
de services (éducation, santé, hygiène, etc.), le marché
commercial des services est énorme et croît pratiquement partout.
Et la tendance est claire : à mesure que les économies nationales
se développent et que les revenus augmentent, la part du secteur commercial
des services augmente dans le PIB.
Les services
à l'ère de l'information
Les services promettent en outre un changement d'échelle de la prospérité
mondiale, grâce à la "révolution de l'information".
Des services faisant appel aux technologies de l'information les plus modernes
sont vitaux pour améliorer la productivité et préserver
la compétitivité des industries et des économies, dans
le monde entier. L'important est aussi que ces services ne sont pas géographiquement
limités par des dotations de nombreux facteurs de production traditionnels,
mais dépendent des ressources humaines, de l'éducation, du capital
intellectuel et de l'infrastructure électronique. Il est donc essentiel
de constituer dans les pays en voie de développement des ressources humaines
qualifiées et des infrastructures électroniques, afin de leur
permettre de partager les bénéfices de l'économie du savoir.
Les services
répandent les avantages de la mondialisation
L'action d'ICC en faveur de la libéralisation du commerce de services
s'inscrit dans la lignée de son soutien de longue date à l'ouverture
du commerce et de l'investissement. Un commerce plus libre des services permet
à tous les pays de mieux profiter des avantages de la mondialisation
et d'améliorer leur efficacité économique, tout comme le
fait un commerce plus libre des marchandises. Il contribue à la création
d'emplois, à des revenus plus élevés, à plus de
choix des consommateurs, à une pression à la baisse sur l'inflation
et à une meilleure qualité de vie. Les importations de services
et les investissements étrangers dans la production de services stimulent
la concurrence, qui de son côté améliore l'efficacité
des industries locales de services. Ils augmentent la disponibilité générale
des services et la diversité du choix offert aux consommateurs, qu'il
s'agisse des particuliers ou des entreprises. Ils contribuent aussi au progrès
technologique. En bref, un commerce plus libre engendre des services plus nombreux,
de meilleure qualité et moins coûteux.
Les services
comme " vecteur " essentiel d'activité économique
Des services plus nombreux, de meilleure qualité et moins coûteux
sont importants, parce que ce sont les services qui permettent aux économies
de fonctionner et de prospérer. Certains constituent des infrastructures
essentielles - transport, communications, finance, information. Les marchés
des capitaux, par exemple, ne peuvent fonctionner efficacement sans une information
abondante et de qualité, pouvant être vite et souvent communiquée.
D'autres services sont indispensables au succès des industries de transformation
et de l'agriculture.
Pour certains fabricants,
les services fournissent une seconde source de revenus importante et contribuent
de manière significative à la croissance de l'entreprise et à
la création d'emplois, et pour la totalité d'entre eux, les services
sont indispensables au succès. Dans l'industrie automobile, par exemple,
qui est centrée sur une activité de transformation, il est clair
que cette dernière a besoin, pour réussir, d'être entourée
par des fonctions de services hautement dévelop
pées, et notamment
d'un important réseau de distribution, de services financiers sophistiqués
permettant la gestion des stocks et des ventes des concessionnaires, et de services
d'entretien et de réparation aisément disponibles pour protéger
l'investissement du consommateur.
En outre, le processus de
fabrication et l'activité industrielle en général intègrent
du début à la fin différents services : recherche et développement,
gestion et contrôle des stocks, transport, marketing, publicité,
assurance et fonctions internes telles que comptabilité et services juridiques.
Les mêmes observations peuvent être faites pour l'agriculture, dont
le succès dépend aussi de la recherche et du développement,
des services financiers, de l'assurance, du stockage, du transport, de la distribution,
du marketing et d'une foule de services techniques. Il est évident que
des services modernes et efficaces jouent un rôle essentiel dans l'amélioration
de la performance d'autres secteurs et de l'économie dans son ensemble.
Les services
favorisent l'investissement direct étranger
La libéralisation du commerce de services est un moyen efficace d'encourager
la poursuite de la rapide croissance des investissements étrangers directs,
d'intégrer plus efficacement les économies nationales et de réduire
les disparités de revenus et autres entre les pays. Parce que la production
et la consommation de services se font en général simultanément
et sans intermédiaire, le commerce des services implique généralement
d'importants transferts de technologie et de savoir-faire d'un pays à
l'autre. Ces transferts sont essentiels, en particulier pour les marchés
en développement et émergents, qui peuvent ainsi acquérir
relativement rapidement et à faible coût un savoir à la
pointe de la modernité - du moins en comparaison avec le temps et le
coût qui leur seraient nécessaires pour les développer de
novo.
Ce savoir est indispensable,
quant à lui, pour bâtir et maintenir la compétitivité
internationale d'autres secteurs. Mais le commerce de services ne se fait pas
qu'à sens unique depuis les nations développées vers celles
en voie de développement. En fait, les pays industrialisés améliorent
considérablement leur bien-être économique grâce à
l'importation, depuis les pays en voie de développement, de services
tels que le traitement des données et la conception et l'application
de logiciels. Les économies en développement tirent aussi des
revenus substantiels, en devises fortes, de l'exportation du tourisme et de
la main-d'uvre. Et les possibilités de croissance des flux de services
sont importantes, dans les deux sens.
Conséquences
d'un commerce accru des services
ICC ne sous-estime pas l'effet de délocalisation économique que
pourrait avoir dans une certaine mesure un commerce accru des services. Mais
il n'est pas différent de la délocalisation engendrée par
le commerce des marchandises et sera vraisemblablement bien plus faible que
celle due aux progrès de la technologie. Faire face aux délocalisations
exige des économies dynamiques
et des politiques d'ajustement efficaces,
avec notamment des systèmes ciblés de revenu minimum et des programmes
de formation. Interdire ou entraver l'échange de services modernes et
efficaces en termes de coût contribuerait en réalité à
des délocalisations bien plus importantes, si certains secteurs se voient
refuser l'apport d'éléments compétitifs et se trouvent
frappés d'obsolescence.
ICC est convaincue que de
nouvelles réductions des obstacles au commerce de services, par le biais
de négociations multilatérales, permettront de réaliser
d'immenses gains économiques. Ces gains bénéficieront tant
aux pays importateurs qu'exportateurs, dans le monde industrialisé comme
en développement. ICC soutient donc fermement les futures négociations
"Services 2000" et a l'intention de jouer un rôle actif et constructif
en contribuant à les mener à bonne fin.
Document n° 103/210
7 septembre 1999
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